Sommaire de la monographie

Chapitre 9


LES AMÉNAGEMENTS FLUVIAUX ET HYDROÉLECTRIQUES

Depuis le début du XXème siècle, le bassin oubanguien a subi bon nombre de transformations destinées soit à améliorer les conditions de la navigation intérieure, soit à produire de l'énergie électrique.

Ce Chapitre n'a pu être rédigé, en 1971, que grâce à l'obligeance du Gouvernement centrafricain, en l'occurrence le Ministère de l'Énergie, des Mines, de la Géologie et de l'Hydraulique (Monsieur Albert Yomba-Eyamo) et à celle du Bureau d'Études Coyne et Bellier (aujourd'hui – 2009 – partie intégrante de Tractebel Engineering France), à Paris, avec lequel les hydrologues de l'ORSTOM ont toujours largement collaboré. Nous les en remercions bien vivement.

9.1. - Les aménagements sur l'Oubangui

9.1.1. - Le seuil de Mobaye

La figure 9-1, tirée de Google Earth, indique l'emplacement du projet de l'écluse et celui de la centrale hydroélectrique de Mobayi-Mbongo.

Mobay2.bmp

Figure 9-1

Projet et réalisation sur le seuil de Mobaye

9.1.1.1. - L'écluse

Jusque vers les années 1950, le seuil de Mobaye était difficile à franchir à la remontée vers Kouango. Aussi, en mai 1952, la Direction des Travaux publics de l'Oubangui-Chari demande, par sa lettre n°  211 à J. Aimé de poursuivre les travaux de M. Roche, qui consistaient à étudier la possibilité de construire une écluse au droit de ce seuil. À cette époque, seul le bateau Poumayrac (du nom de l'Administrateur Poumayrac de Masredon, tué en mai 1892) avait un moteur suffisamment puissant pour affronter des vitesses de courant de l'ordre de 17 à 20 km/h et franchir le seuil. Ces conclusions sont celles de J. Tixier, qui les développe dans une note interne à l'ORSTOM en date du 2 novembre 1954 : la vitesse maxima à la cote 4,37 avait été estimée à 17 km, laissant prévoir par extrapolation des vitesses supérieures à 20 km/h pour des cotes de 6 ou 7 m (G. Chalandon estime, pour sa part, ces vitesses surévaluées).

 

Ecluse.bmp

Figure 9-2

Avant-projet de l'écluse de Mobaye (d'après un dessin de J.Tixier)

 

C'est J. Tixier qui réalise l'avant-projet (figure 9-1) en 1953 et 1954 (Tixier, 1954).

Le sas de l'écluse est prévu avec une longueur de 56 m, une largeur de 10 m et un tirant d'eau de 2 m. Mais depuis 1950 la puissance des moteurs des bateaux avait augmenté : le franchissement du seuil ne posant plus de difficulté, le projet fut abandonné.

9.1.1.2. - Le barrage

Dans les années 1970, l'ex-Président de la RDC, J-D. Mobutu, voulut utiliser le seuil de Mobaye pour installer une usine hydroélectrique destinée à fournir de l'électricité à sa ville natale, Gbado-Lite et à son palais de Kawele. Les villes voisines de Mobayi-Mbongo (ex-Banzyville, en RDC) et Mobaye (en Centrafrique) bénéficieront également de l'électrification.

Les travaux commencent en juin 1986. Le lit de l'Oubangui est coupé du 18 mars au 23 mars 1989. L'inauguration officielle des installations date du 24 novembre 1989.

L'étude et la réalisation de ce barrage est l'œuvre de Tractionel Electrobel Engineering (TEE) à Bruxelles, assisté de l'Institut de Génie Civil de l'Université de Liège et du Bureau d'Études Coyne et Bellier à Paris.

Réalisé en rive gauche, coté RDC, un barrage coupe la moitié du lit mineur de l'Oubangui, au droit du seuil. L'autre moitié fait office de déversoir de crue. La centrale hydroélectrique est installée en rive gauche, au début du barrage. Du fait de l'étranglement du lit causé par le barrage, le niveau de l'Oubangui est remonté de quelques mètres, ce qui occasionne une retenue sur une superficie de 1 000 ha et un volume de 120 à 150.106 m3/s. L'altitude du sommet du barrage serait, d'après G. Chalandon, à 384,6 m, c'est-à-dire 6 mètres au dessus du zéro de l'échelle hydrométrique amont de Mobaye.

La centrale électrique comporterait, en phase finale, 5 (ou 8 ?)  groupes bulbes  de 3, 7 MW chacun. Trois seulement sont installés en première phase en 1989. Le débit turbiné est de 240 m3/s, largement en dessous de l'étiage cinquantenaire. En 2009, le fonctionnement est assez perturbé par des vicissitudes dans l'entretien des groupes. 

La construction d'un pont entre les deux rives est commencée. Seules les piles sont achevées. Il n'y a pas d'écluse : la navigation en amont de Mobaye est maintenant impossible depuis Bangui.

 

5614857.jpg

Vue aérienne du seuil de Mobaye, prise depuis la rive gauche. On distingue un

pylône de la ligne électrique desservant Mobaye et les piles du pont inachevé (Photo © Google Earth/Panoramio/sweef1)

 

 

barrage_turbines.jpg

Intérieur de la Centrale hydroélectrique de Mobayi-Mbongo (Photo © Wele-Mbangi)

Nous avions obtenu, en 1991, une photographie de l'extérieur de la Centrale hydroélectrique. Cette photographie a malheureusement disparu entre 1992 et 2009.

9.1.2. - Le projet de Palambo

En même temps que le site de Mobaye, le PNUD, par son projet RAF/82/054 1986, étudiait la possibilité d'aménager les rapides de Palambo – appelés aussi Rapides de l'Éléphant – situés à une soixantaine de kilomètres en amont de Bangui. Ceci pour suppléer les centrales hydroélectriques de Boali afin de répondre à la demande toujours croissante d'énergie électrique de la ville de Bangui (ce qui apparaissait déjà nécessaire vers la fin de la décennie 1990). De plus, ce barrage permettrait de régulariser les débits d'étiage en aval de Bangui, ce qui faciliterait la navigation fluviale.

Le projet final a reçu le n°  PNUD 5604-16-17.045, avec financement FED pour le compte du Centrafrique.

La retenue serait de 2 370 millions de m3. Des plans inclinés, équipés de treuils, permettraient le franchissement du barrage aux pirogues de moins de 10 tonnes.

La centrale électrique sera capable de fournir 30 MW (4 groupes bulbes de 7,5 MW chaque).

Les études pour ce projet sont l'œuvre des Voies navigables centrafricaines (ACCF), assistées par la Sogreah à Grenoble.

En 2009, ce projet n'est pas encore réalisé mais il est toujours prévu...

9.1.3. - Le seuil de Zinga

Le seuil de Zinga (sur calcaires complètement silicifiés) est le principal obstacle à la navigation sur le parcours fluvial Brazzaville-Bangui. Dans sa note de 1951, J. Yayer (1951) indique que "depuis 40 ans l'aménagement du seuil de Zinga est l'objectif numéro un des ingénieurs qui se sont occupés de l'Oubangui".

Un premier projet émane de la mission Roussilhe, en 1912 (Roussilhe, 1913). Mais, avec la Première Guerre mondiale, le projet fut ajourné. Après 1918, un chemin de fer à voie étroite (toujours préconisé par H. Roussilhe) est construit en 1920 par la Compagnie Générale de Transport en Afrique Équatoriale (CGTAE), entreprise de transport fluvial, pour assurer le transit des marchandises de part et d'autre du seuil, avec plus ou moins de bonheur. En 1968, ce chemin de fer ne fonctionnait plus depuis 1960 (Dir. Patrimoine Culturel, 2006).

Depuis H. Roussilhe, de nombreux projets ont été établis, dont l'un (ingénieur Pétrocokino) prévoyait aussi une écluse.

Finalement les opérations de déroctage commencent en 1949 (J. Aimé et W. Mergemier, sous la direction de R. Girard, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées), sur un projet très voisin du projet Roussilhe. En 1951, le tirant d'eau au droit du seuil augmente déjà de 30 cm.

Ces travaux sont suivis jusqu'en 1956 par J. Aimé. Les cubages enlevés sont de 2 500 m3 en 1949 (Aimé, 1950), 2 500 m3 en 1950, 3 800 m3 en 1951, 3 500 m3 en 1952 (Aimé, 1953), 2 300 m3 en 1953 et 3 500 m3 en 1954 (Aimé, 1954). Le cubage total à extraire en fin de travaux est estimé à 26 100 m3, soit 8 000 m3 restant encore à enlever en 1955 et durant les années suivantes (Aimé, 1955). La largeur du chenal navigable, en 1951, atteint 80 m. 7 épis en enrochements sont construits de 1949 à 1953, des deux côtés du chenal, dans le but de maintenir le courant parallèle à l'axe de la passe et de supprimer les apports en sable.

D'autres travaux de déroctage sont effectués dès 1930 (chenal de l'Île Marie, canal de la Lessé, etc.) (Yayer, 1951).

Pour ces dernières années, G. Chalandon nous fait part de précisions très intéressantes sur le seuil de Zinga :

Depuis l'abaissement du plan d'eau à Bangui et Zinga, de 1978 à 1987, la navigation ne peut s'effectuer, avec un tirant d'eau de 0,90 m, qu'avec un débit de 960 à 1 000 m3/s à Bangui (dans les années 1967-1970, un débit de 550 m3/s était suffisant en aval de Zinga). Actuellement, le seuil de Zinga n'est plus le principal obstacle, car des roches se trouvent dans le chenal balisé en aval de Zinga à des cotes inférieures au seuil.

Il n'y a pas eu de travaux de dérochement dans le seuil depuis 1972 : l'aménagement du seuil du point de vue dérochement est terminé depuis 1962.

L'abaissement du plan d'eau à Bangui (et sur l'ensemble de l'Oubangui), à l'exception des seuils rocheux comme Zinga et Longo (en amont de Bangui) est probablement le fait d'un manque d'apport de sable, l'érosion étant plus faible depuis 1971.

Si un dérochement important dans le seuil avait été effectué, ce n'est pas le plan d'eau à Zinga qui se serait abaissé mais la partie amont du seuil, ce qui n'est pas le cas.

À la décrue, le plan d'eau de Zinga s'est abaissé de 15 à 20 cm depuis 1972 par rapport à Bangui, du fait de l'avance à la décrue de la Lobaye par rapport à l'Oubangui.

9.1.4. - Le confluent Oubangui-Lobaye

En 1965, l'Agence TransÉquatoriale des Communications (ATEC) -c'est-à-dire les Voies navigables de l'époque- confie au Laboratoire national d'hydraulique de Chatou (Électricité de France) l'étude de l'amélioration de la navigation fluviale au droit du confluent Oubangui-Lobaye (EDF, 1969).

Cette étude vise à réduire (ou éviter) l'important volume de dragages annuels et à entretenir un chenal de profondeur suffisante.

L'étude est réalisée sur un modèle réduit construit à Chatou. Il représente un tronçon de la Lobaye long de 3 km en amont du confluent et un tronçon de l'Oubangui d'environ 4 km.

La superficie du modèle est de l'ordre de 300 m2.

Le projet d'aménagement prévoit une série de 28 panneaux de fond de 25 m de longueur et 5 épis en gabion ou en enrochement.

Ce projet, d'après G. Chalandon, a bien été effectué sur une longueur de 2,5 km dans la Lobaye : 10 épis y sont installés.

9.1.5. - L'aménagement de Boboru

Ce projet d'aménagement vise l'amélioration de la navigation en aval d'Impfondo. Il est également réalisé par le Laboratoire national d'hydraulique de Chatou (MM. Ramette et Rémilleux) (EDF, 1966), à partir de 1964.

L'ORSTOM participe au projet avec 4 campagnes de mesure des débits (voir la station d'Impfondo, dans les Annexes de la Monographie) avec MM. Chaperon, Chartier, Hiez et Ranc.

Un modèle réduit est également construit. Sur le terrain, des relevés bathymétriques sont effectués, tandis que des traceurs radioactifs permettent de connaître la vitesse de déplacement des bancs de sable.

Le projet préconise l'emploi des panneaux de fond. En janvier 1965, 7 panneaux sont installés à titre expérimental, tout comme les 13 autres posés en décembre de la même année.

En 1966, un auto-dragage est constaté sur un nouveau chenal navigable, malgré quelques problèmes avec des panneaux endommagés par le courant.

Finalement, les panneaux de fond ont été enlevés ces dernières années car ils n'ont pas apportés les améliorations souhaitées (d'après G. Chalandon).

9.1.6. - Les opérations de dragage et de balisage

Les premiers essais de dragage commencent en avril 1937, avec une drague louée aux Belges. Ce travail fait suite à un rapport de l'ingénieur Pétrocokino, daté du 17 juillet 1935 (Yayer, 1951). Pour J. Yayer les dragages représentent pour le moment le seul moyen effectif, rapide et réalisable dans des conditions financières acceptables, pour l'amélioration des passages difficiles par fond de sable.

Le dragage du Bas Oubangui est repris en janvier 1939 mais il cesse de 1940 à 1946. En 1949, un programme de dragage est établi et les travaux commencent en 1952. Depuis les années 1956-57, deux dragues fonctionnent sur l'Oubangui du mois de décembre au mois de mars (G. Chalandon). Nous renvoyons à la publication de J. Yayer (1951) pour tout point de détail concernant tant l'efficacité des dragages que la description des bancs de sable du Bas Oubangui.

À ces travaux de dragage s'ajoute un important travail de balisage, qui doit être repris 2 fois par an. Le balisage est du type latéral : voyant cylindrique rouge côté RDC, voyant conique noir côté Centrafrique. Jusqu'en 1950, ce balisage est très sommaire et ce n'est qu'en 1951 que celui-ci est complété avec des signaux bien visibles et rectifiés en temps voulu.

Notons ici que, jusque vers 1973, Monsieur M. Besnard, Chef de la subdivision du balisage, utilisait toujours son bon vieux bateau à aubes, l'Ingénieur en Chef Roussilhe. Nous avions obtenu, vers 1990, une photographie de ce bateau. Hélas, elle a disparu entre 1992 et 2009.

9.2. - Les aménagements hydroélectriques de Boali

Le projet de la centrale hydroélectrique de Boali date de la fin de la Seconde Guerre mondiale. P. Darnault en parle dans son ouvrage Régime de quelques cours d'eau d'Afrique équatoriale française (1947) mais il avait déjà installé là une échelle limnimétrique en 1928. L'étude de l'avant-projet est mise au point par Électricité de France (IGUFE) à partir de 1947. Le projet final est réalisé par cette même Inspection générale d'Électricité de France.

En 1948, J. Aimé commence la mesure systématique des hauteurs d'eau et le tarage de la station de Boali-Poste pour le compte de la mission Électricité de France (Aimé, 1949).

Une première centrale (Boali I) est construite dans les années 1950. Sa mise en fonctionnement date de 1954 et l'inauguration officielle date du 15 avril 1955. Elle sert à l'alimentation de Bangui (distante de 80 km) en énergie électrique.

BoaliI.bmp

Figure 9-3

Boali I

 

Boali1.JPG

Boali I en 1969 (Photo Y.Boulvert).

De gauche à droite : centrale hydroélectrique, conduite forcée, canal d'amenée  et chutes de Boali, digue déversante, rapides

Cette centrale est située en aval des chutes ; une digue déversante prélève l'eau de la Mbali en amont de celles-ci, qu'une conduite forcée amène à l'usine. Sa puissance est de 8,75 MW. En 1976 une seconde usine (Boali II), construite en amont de Boali I par les Yougoslaves (première tranche), permet d'obtenir une puissance totale de 18,85 MW, ceci à condition que le débit de la Mbali soit au moins égal à 20 m3/s, ce qui n'est généralement pas le cas en étiage : il faut alors suppléer la défaillance de Boali par la centrale thermique de Bangui, solution guère économique.

Aussi en novembre 1988 commencent les travaux de construction d'un barrage-régulateur situé 8 km en amont des chutes (Boali III). La fin des travaux a lieu en mars 1991 tandis qu'une première mise en eau est effectuée dès octobre 1990. Le barrage est complètement rempli à la fin de la saison des pluies de 1991.

Le Maître d'œuvre est le Centrafrique, représenté par le Ministère de l'Énergie, des Mines, de la Géologie et de l'Hydraulique. Le maître de l'ouvrage délégué est l'ENERCA (Énergie électrique du Centrafrique). C'est aussi le Bureau d'études Coyne et Bellier qui est maître d'œuvre du barrage. Les travaux sont effectués par la République populaire de Chine.

Le barrage consiste en un ouvrage en béton (barrage-poids) implanté dans le lit de la Mbali et en 2 digues de fermeture, en terre, de part et d'autre de cet ouvrage. 2 déversoirs de crues sont situés sur l'ouvrage en béton.

8612638.jpg

Boali III. Un des deux déversoirs (Photo © Google Earth/Panoramio/Fandjian)

 

8612643.jpg

Boali III. Machinerie de levage de la vanne de vidange, située entre les deux déversoirs (Photo © Google Earth/Panoramio/Fandjian)

La hauteur de la retenue est de 24,5 m et son volume de 250 millions de m3. Outre un apport en énergie électrique supplémentaire (2 groupes basse pression de 5 MW chaque, sont prévus mais ne sont toujours mis en place), ce barrage régularise les étiages et permet à Boali I et II de fonctionner à plein régime toute l'année.

Le fonctionnement de l'ensemble Boali I et II est, lui-aussi, perturbé par des problèmes d'usure et de vétusté du matériel. 

9.3. - L'aménagement de la Lobaye

L'unique aménagement connu à ce jour  consiste au déroctage du seuil Tavarès à Batalimo. Les travaux sont effectués par les Voies navigables (M.  Mutschler) vers 1962 : ils se sont traduits par un détarage de la station hydrométrique de Mbata, située en amont de Batalimo.

9.4. - Projets actuels

Ce paragraphe est tiré du rapport de la Direction des Études, des Statistiques et de la Planification (Direction Générale de l'Énergie du Ministère des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique, République Centrafricaine) daté d'octobre 2006 (Gbazi, 2006). 

L'idée générale est de réaliser des petits ensembles  hydroélectriques à proximité des lieux d'utilisation (généralement une ville). 

C'est ainsi que sont prévus la construction de mini-centrales pour alimenter les villes de Boda, Mbaiki, Bambari et Bria.

D'autre part, l'augmentation de la demande en énergie électrique justifierait, aujourd'hui, l'aménagement des chutes de Kembé pour alimenter les villes de Kembé, Bangassou, Bakouma et Bambari.

Retour en haut du Chapitre