Quintino CUNHA (1873-1943) : Encontro das Águas


Vê bem, Maria, aqui se cruzam: este
é o rio Negro, aquele é o Solimões.
Vê bem como este contra aquele investe,
Como as saudades com as recordações.

Vê como se separam duas Águas,
Que se querem reunir, mas visualmente;
é um coração que quer reunir as mÁgoas
De um passado as aventuras do presente.

é um simulacro só, que as Águas donas
Desta terra não seguem curso adverso.
Todas convergem para o Amazonas,
O real rei dos rios do universo;

Para o velho Amazonas, Soberano
Que, no solo brasileiro, tem o Paço;
Para o Amazonas, que nasceu humano,
Porque afinal é filho de um abraço!

Olha esta Água, que é negra como tinta;
Posta nas mãos, é alva que faz gosto;
Da por visto o nanquim com que se pinta,
Nos olhos, a paisagem de um desgosto.

Aquela outra parece amarelaça;
Muito, no entanto, e também limpa, engana;
é direito a virtude quando passa
Pela flexível porta da choupana.

Que profundeza estraordinÁria, imensa,
Que profundeza mais que desconforme!
Este navio é uma estrela suspensa
Neste céu d´Água, brutalmente enorme.

Se estes dois rios fôsssemos, Maria,
Todas as vezes que nos encontramos,
Que Amazonas de amor não sairia
De mim, de ti, de nós que nos amamos...


La rencontre des eaux

Regarde, Maria ces rivières qui se croisent :
Voici le Rio Negro, voila le Solimões.
Regarde bien comme l'un et l'autre s'entre attaquent,
Comme la nostalgie et les souvenirs.

Regarde comment se séparent deux eaux,
Qui veulent se réunir, mais visuellement;
C'est un cœur qui veut réunir les blessures
D'un passé aux aventures du présent.

Ce n'est qu'un simulacre, car les eaux dominant
Cette terre ne prennent pas des chemins divergents.
Elles convergent toutes vers l'Amazone,
Le vrai roi des fleuves de l'univers ;

Vers le vieil Amazone, Souverain
Qui, en terres brésiliennes, a son Palais;
Vers l'Amazone, qui est né humain,
Parce qu'après tout, il est le fils d'une étreinte !

Regarde cette eau noire comme de l'encre;
Prise dans les mains, elle est d'un clair plaisant;
Et ressemble au nankin avec lequel est peint,
Dans les yeux, le paysage d'un dégoût.

L'autre semble jaunie ;
Cependant, aussi propre, bien nous trompe ;
La vertu est droite quand elle passe
Par la porte souple de la cabane.

Quelle profondeur extraordinaire, immense,
Quelle profondeur plus que hors norme !
Ce navire est une étoile suspendue
Dans ce ciel d'eau, brutalement énorme.

Si nous étions ces deux fleuves, Maria,
A chaque fois que nous nous rencontrons,
Quel Amazone d'amour sortirait
De moi, de toi, de nous qui nous aimons ...