Johann Wolfgang von GOETHE (1749-1832) : Gesang der Geister über den Wassern


Des Menschen Seele
Gleicht dem Wasser:
Vom Himmel kommt es,
Zum Himmel steigt es,
Und wieder nieder
Zur Erde mußes,
Ewig wechselnd.

Strömt von der hohen,
Steilen Felswand
Der reine Strahl,
Dann stäubt er lieblich
In Wolkenwellen
Zum glatten Fels,
Und leicht empfangen,
Wallt er verschleiernd,
Leisrauschend
Zur Tiefe nieder.

Ragen Klippen
Dem Sturz entgegen,
Schäumt er unmutig
Stufenweise
Zum Abgrund.
Im flachen Bette
Schleicht er das Wiesental hin,
Und in dem glatten See
Weiden ihr Antlitz
Alle Gestirne.

Wind ist der Welle
Lieblicher Buhler;
Wind mischt vom Grund aus
Schäumende Wogen.

Seele des Menschen,
Wie gleichst du dem Wasser!
Schicksal des Menschen,
Wie gleichst du dem Wind!


Johann Wolfgang von GOETHE (1749-1832) : Le chant des esprits sur les eaux

L'âme des hommes
Est comme l'eau :
Elle vient du ciel,
Elle s'élève vers le ciel,
Et à nouveau elle doit
Redescendre vers la terre,
éternellement changeante.

Elle court depuis les hautes,
Abruptes parois rocheuses
Cette pure clarté,
Puis se pulvérise doucement
En ondes nébuleuses
Sur les rochers lisses,
Et facilement accueillie
Elle ondule, se dissimulant
Avec un léger murmure
Dans les profondeurs d'en-bas.

Des falaises en surplomb,
S'opposant à sa chute,
Elle écume, grincheuse,
Degré par degré
Vers l'abîme.
Dans son lit aplani,
Elle se glisse dans les prés du val,
Et dans le miroir du lac
Tous les astres
Admirent leur visage.

Pour la vague, le vent
Est un amant charmant ;
Depuis le sol, il se mêle
A l'écume des vagues.

Âme de l'homme,
Comme tu ressembles à l'eau !
Destin de l'homme,
Comme tu ressembles au vent.