Beppe CHIERICI (né en 1937) : La ballata di Longarone


Si dice che un giorno / un Dio scocciato
dei mali del mondo / lo abbia affogato.
Ma prima di usare / gli idranti celesti
Lui volle salvare / gli uomini 'onesti'.

Fra tutti Noè / salvò la pellaccia,
gli altri, ahimé! / Eran tutta gentaccia...
Le bestie, va detto, / non sanno peccare
e su un "vaporetto" / le fa galleggiare.

Per quanto spietato / quel Dio genocida
salvò gli animali / dall'idro-corrida.
Or giunti a 'sto punto / possiamo affermare
che a volte il buon Dio / sa 'dis-cri-mi-na-re'...

Or son nove anni / che un monte annoiato
di starsene fermo / dov'era piantato,
scoprendosi intorno / la vallata bella
si disse "Un bel giorno / ci andrò in camporella!..."

Da tempo smaniava / quel monte iracondo
e alberi e massi / mandava nel fondo.
La gente sapeva / di questi "traslochi",
di lui si diceva: / " 'Sto monte ...va in tòchi !"

E Tòc fu chiamata / l'inquieta montagna
" Neanca 'e cavre / easù più no 'e magna!"
Nessuno mai non ebbe / il sentore più vago
che in quella vallata / facessero un lago.

Invero nessuno, / a parte un cretino,
poteva pensare / di farci un bacino.
Qualcuno si mosse, / tentò di spiegare
che un lago col Toc / ...non era un affare.

"Sa, quella montagna, / non vuole star ferma,
mi creda è una "lagna"! / ne chieda conferma.
è velleitaria, / rivoluzionaria,
ci pianta una grana, / le dico: è una frana!..."

"Faremo la diga! / lo abbiamo deciso!,
la gente del luogo / ne avrà preavviso."
" Mi creda, siòr... / No sè ostruzionismo!...
(Eh eh...) Suvvia, signore...! / Un po' di SADE...ismo !"

E nato il bacino / in quella vallata,
la gente ha paura / si sa condannata.
Si chiudon le porte / si tiran le tende
sul lago di morte / che lento si estende.

Ma il Toc ha deciso / di andarsene a spasso,
non dà preavviso / e scende da basso...
E a notte nel lago / si fa un pediluvio
e su Longarone / si avventa il diluvio.

E un'onda tremenda / che oscura le stelle,
tre oceani insieme / che il globo si espelle.
Distrugge ogni casa, / le bestie, la gente
Fa "tabula rasa"... / non resta più niente.

Vajont, Longarone: / duemila e più morti,
sei anni d'inchiesta, / controlli, rapporti,
dossier d'istruttoria, / e per ogni perizia
c'è il suo promemoria: / "Si vuole Giustizia!"

Illustri togati / e "Azzeccagarbugli"
decidon che "Onde / evitar tafferugli,
si spostino altrove / imputati e processo,
lontano da dove / il fatto è successo."

Accusa e difesa... / Tre mesi di udienza
e al mondo in attesa / si dà la sentenza.
Trecento cartelle, / per dir suppergiù :
"è acqua passata, / ... non macina più ! "

Ma sopra una tomba / lassù a Fortogna,
son scritte sul marmo / diciotto parole
che gridano al mondo / la nostra vergogna:

Barbaramente e vilmente trucidati
per leggerezza e cupidigia umana,
attendono invano giustizia
per l'infame colpa.
- Eccidio premeditato -
Vajont, 9 ottobre 1963 ! ! !


La ballade de Longarone


On dit qu’un jour / un Dieu embêté
Des maux du monde / l’aurait noyé
Mais avant d’utiliser / les bornes d’incendies célestes
Il voulut sauver / les hommes ‘honnêtes’

Parmi tous Noé / sauva sa peau
Les autres, dommage ! / Ils étaient tous de la racaille
Les bêtes, il faut dire / ne pêchent pas
Et sur un bateau / il les fait flotter

Même si sans pitié / ce Dieu génocidaire
Sauva les animaux / de l’hydro-corrida
Là, arrivés à ce point / nous pouvons affirmer
Que parfois le bon Dieu / sait ‘discriminer’

Ca fait neuf ans / qu’un mont ennuyé
De rester immobile / où il était planté
En découvrant autour de lui/ la belle vallée
Se dit « un beau jour / j’y ferai une escapade »

Depuis longtemps il s’impatientait / ce mont irritable
Des arbres et des rochers / jetait vers le fond
Les gens savaient / de ces déménagements
De lui on disait / « Ce mont va en ‘tochi’»

Et « Toc » fut appelé / l’inquiète montagne
« Même les chèvres / n’y vont plus ! »
Personne jamais n’eut / le sentiment le plus vague
Que dans cette vallée / on eut formé un lac

Pour de vrai, personne / sauf un crétin
Aurait pu penser / d’y faire un bassin
Certains bougèrent / essayèrent d’expliquer
Qu’un lac avec le Toc / n’était pas une bonne affaire

« Vous savez, cette montagne / ne veut pas rester immobile
Croyez-moi, c’est une « geignarde » / demandez confirmation
Elle est velléitaire / révolutionnaire
Elle nous cherche chicane / je le dis : « c’est un éboulement »

« On va faire le barrage ! » / C’est décidé
Les gens du coin / en seront prévenus
« Croyez-moi, Monsieur… / No, c’est de l’obstructionnisme !
(Eh eh) Allez, Monsieur …! / Un peu de SADE-isme

Le bassin est né / dans cette vallée
Les gens ont peur / ils se savent condamnés
Se ferment les portes / se tirent les rideaux
Sur le lac de mort / qui lentement s’étend

Mais le Toc a décidé / d’aller se promener
Sans prévenir / il descend
Et la nuit dans le lac / il se fait un bain de pieds
Et sur Longarone / surgit le déluge

C’est une onde énorme / qui éclipse les étoiles
Trois océans ensemble / que le globe expulse
Elle détruit chaque maison / les bêtes, les gens
Elle fait « table rase »… / il ne reste plus rien

Vajont, Longarone : / plus de deux milles morts
Six ans d’enquête / contrôles, rapports
Dossiers d’instructions / et pour chaque expertise
Il y a son mémento / « On veut la justice ! »

Illustres avocats / et « avocats véreux »
Décidèrent que pour / éviter les bagarres
Il faut bouger ailleurs / les accusés et le procès
Loin d’où / le fait s’est passé

Accusation et défense / trois mois d’audience
Et au monde en attente / se donne la sentence
Trois cent cartes / pour dire à peu près
« L’eau est passée… / n’en parlons plus »

Mais sur une tombe / là-haut à Fortogna
Sont écrites sur le marbre / dix-huit mots
Qui crient au monde / notre honte :

Sauvagement et lâchement trucidés
Pour légèreté et cupidité humaine
Attendant en vain la justice
Pour l’infâme crime
- Meurtre avec préméditation –
Vajont, 9 octobre 1963 !