Louis-Ferdinand CELINE (1894-1961) : extrait du Voyage au bout de la nuit


Les rivières ne sont pas à l'aise dans le Midi. Elles souffrent qu'on dirait, elles sont toujours en train de sécher. Collines, soleil, pêcheurs, poissons, bateaux, petits fossés, lavoirs, raisins, saules pleureurs, tout le monde en veut, tout en réclame. De l'eau on leur en demande beaucoup trop, alors il n'en reste pas beaucoup dans le lit du fleuve. On dirait par endroits un chemin mal inondé plutôt qu'une vraie rivière.