ARIDE (ARIDITE)


Historique et Etymologie: Aride: empr. au lat. aridus, de arere, être desséché. Aridité : empr. au lat. Ariditas. Apr. 1369 "dépourvu d'humidité d'où sans végétation aride" (G. de Machaut -Prise d'Alexandrie, v.1524)

Définitions existantes

Le Robert

- Qui est dépourvu d'humidité; sec; desséché. Un pays battu par des vents arides et brâlé jusqu'aux entrailles. Climat aride, où les précipitations sont très faibles. Par extent. cour.: Qui ne porte aucun végétal, faute d'humidité.

Trésor de la Langue Française

ARIDE:

ARIDITE:

INDICE D'ARIDITE : Indices établis en fonction du montant des précipitations, des moyennes de température et, parfois, de l'évaporation observée sur les appareils de mesure (Georges, 1970).

Grand Larousse Encyclopédique (1982)

"L'aridité résulte d'une indigence en eau, mesurée au sol et dans l'atmosphère; ces deux milieux réagissent d'ailleurs l'un sur l'autre".

G.H.I

Dictionnaire français d'hydrologie de surface (Roche,1986)

Etat moyen dans le temps du climat d'une région et de ses conséquences, caractérisé par de faibles précipitations et une végétation pauvre. La notion d'aridité dépend aussi d'autres facteurs climatiques, notamment de la température; au point de vue de la végétation, il est plus correct de définir l'aridité à partir du DEFICIT HYDRIQUE moyen. L'aridité ne doit pas être confondue avec la SECHERESSE.

Godard A. et Tabeaud M., 1993

Déficit hydrique chronique d'origine climatique, s'évalue à partir d'indices.

Définition proposée

Aridité : climat caractérisé par la faiblesse des précipitations moyennes annuelles et par le fort déficit de celles-ci par rapport à l'évapotranspiration potentielle, opposé à un climat humide. Concept climatique à référence spatiale (zone aride), l'aridité ne doit pas être confondue avec la SECHERESSE, concept météorologique à référence temporelle - phénomène conjoncturel (période, année sèche). L'aridité a de fortes implications hydrologiques et édaphiques dont elle est indissociable.

Commentaires

Typologie

L'aridité peut s'exprimer quantativement par différents indices d'aridité conventionnels et empiriques, la plupart simples rapports hydro-thermiques fondés principalement sur des grandeurs moyennes de précipitations et de température, qui sont utilisés pour définir les degrés d'aridité et les conditions de l'écoulement fluvial. Ils ont été proposés par des climatologues, des morphologues, des géographes, des botanistes. Les plus connus sont ceux de E. de Martonne (1926), E.Emberger (1932), C.W. Thornthwaite (1948), J.Dubief (1950), R. Capot-Rey (1951), H.Gaussen et F. Bagnouls (1952), P. Birot (1953).

Suivant l'ampleur du déficit hydrique déterminant, plusieurs degrés d'aridité peuvent être différenciés, se définir par des classes d'indices d'aridité convenues et recevoir des qualifications particulières applicables à des zonalités climatiques. Il est devenu classique de distinguer trois degrés dans l'aridité. Dans les régions hyper-arides, les précipitations sont exceptionnelles (10 à 50 mm en moyenne annuelle, si tant est que la moyenne ait, ici, un sens), très inégalement réparties avec des interruptions de plus de douze mois consécutifs. L'écoulement y est rare, épisodique, inorganisé. Les régions arides reçoivent de faibles pluies (en moyenne annuelle, de 50 à 150 mm dans la zone tropicale) groupées sur une saison, très irrégulières d'une année sur l'autre. L'écoulement dans les talwegs est intermittent, fragmenté en crues isolées consécutives à des averses rares, de courte durée et de forte intensité; il est affaibli par les ponctions énormes de l'évaporation et de l'infiltration; des points d'eau permanents sont dus aux résurgences de petites nappes d'infero-flux au niveau de seuils rocheux. Dans les régions semi-arides, les pluies réparties sur quelques mois de l'année sont assez abondantes pour assurer à la végétation et à l'écoulement des eaux un rythme saisonnier; mis à part le cas exceptionnel des cours d'eau allogènes, l'écoulement se fait par crues isolées parfois soudaines et violentes.


JPC, MD, JM novembre 1995