Crue


Etymologie et histoire : Attesté dès le XIIè, sous la forme creue, participe passé subtantivé au féminin de creistre (XIè) "croitre", du latin crescere "croitre, grandir", verbe employé aussi en parlant de l'augmentation du débit d'un fleuve (cf. César, De bello gallico, 7.55.10 : Liger ex nivibus creverat, la Loire avait grossi par suite des neiges, c'est à dire de la fonte des neiges). De même pour désigner la crue d'un fleuve les latins (Pline, Sénèque, Tacite etc..) emploient le substantif auctus, de augere "augmenter". Une très abondante littérature dans l'antiquité a été consacrée aux crues du Nil (cf. notamment Hérodote, Livre II, 18 et suiv.) dont on donnait les explications les plus fantaisistes. Ces crues faisaient l'objet d'observations très précises, en particulier grâce au Nilomètre dont parle Strabon (187, Neilometrion), l'ancêtre de tous les instruments de mesure.

Définitions existantes:

Trésor de la Langue Française:

Le Robert : élévation du niveau d'un cours d'eau, un lac.

Glossaire International d'Hydrologie ( GIH ) :

* équivalent de flood en anglais:

* équivalent de freshet en anglais:(pas de terme spécifique en français)

Dictionnaire de l'environnement:

Dictionnaire français d'Hydrogéologie:

Crue (d'une source) : croissance du débit d'une source en régime influencé.

Définition proposée

Une CRUE, phénomène hydrologique de base, est l'augmentation plus ou moins brutale du débit et par conséquent de la hauteur d'un cours d'eau.

En général, on distingue deux types de crues : les crues fluviales et les crues torrentielles même si le passage de l'une à l'autre se fait de façon continue. Les crues fluviales, souvent saisonnières, affectent les cours d'eau importants aux vastes bassins versants; en général la montée des eaux y est lente. Les crues torrentielles ou rapides, subites, brutales, soudaines ou encore éclair affectent n'importe quelle partie du réseau hydrographique ; elles sont souvent dues à des pluies de caractére convectif très violentes et localisées; elles sont caractérisées par une évolution très rapide, la montée des eaux étant très brutale. Le mot "crue pluviale" est parfois employé pour des crues torrentielles dues à une pluie très intense et localisée. On parlera de "crue simple ou élémentaire" pour une crue qui est le résultat d'un seul épisode pluvieux.

Commentaires et recommandations

Les causes de l'augmentation du débit peuvent être diverses : précipitation atmosphérique, fonte des neiges, débâcle glaciaire, vidange de réservoir... Elle se caractérise par son hydrogramme, graphique qui représente les variations de débit en un point en fonction du temps. C'est la partie montante de cet hydrogramme qui est appelé crue, la partie descendante étant la DECRUE.

Cependant certains hydrologues désignent par "la crue" l'épisode complet de crue et décrue jusqu'au retour à un régime non-influencé. Cette interprétation, même si elle se justifie parfois dans la pratique, parait en opposition avec la définition même du mot.

Une crue se définit par différents critères : sa génése, sa durée, sa fréquence, son "débit de pointe", son volume.

Une CRUE DECENNALE, CENTENALE.... est une crue qui a 1 chance sur 10, 100... d'être dépassée au cours d'une année dans les conditions de climat actuel.

La CRUE DE PROJET est une crue de récurrence donnée (fonction de l'environnement et d'impératifs technologiques) servant à calculer la résistance des ouvrages de génie civil: pont, barrage...

On parle aussi de "crue de source" pour désigner l'augmentation du débit d'une source en régime influencé.

Il est très important de bien différencier les notions : écoulement, crue, débordement, inondation, gonflement: l'écoulement (superficiel) des eaux en se concentrant dans le réseau hydrographique produit la crue qui peut produire des inondations (dans des "zones inondables") et/ou des débordements (dans des "zones submersibles").


J.P.C septembre 1995