Eau


Etymologie & Histoire

Mot de la famille du latin aqua, «eau, considérée comme élément» par opposition à unda «eau en mouvement». Attesté au XIe s. sous la forme ewe d’où sont issues les deux variantes eau et eve qui survit dialectalement.


Définitions existantes :

Remarques : La plupart des dictionnaires définissent l’eau exclusivement comme substance, par sa composition moléculaire et par ses caractères sensibles. Peu se réfèrent à sa pluralité d’états réalisés dans la nature, sinon pour privilégier son état liquide, auquel le mot serait réservé, ce qui correspond à l’acceptation courant dans le langage ordinaire. Le Quillet (1948), par exemple, énonce que « c’est un pléonasme de dire : de l’eau liquide (quant elle n’est pas liquide, l’eau est glace ou vapeur) ». Ces définitions ne font pas de distinctions entre des sens indéfinis (l’eau) et définis (une eau, des eaux).


Définition proposée

Corps naturel de composition moléculaire H20, pouvant se présenter à l’état liquide, solide ou gazeux suivant les conditions de température réalisées sur la Terre, constituant de l’hydrosphère, sujet de l’un des cycles fondamentaux de la dynamique terrestre, élément vital de la biosphère et ressource primordiale pour l’humanité.


Commentaires :

L’eau n’est ni un corps simple, ni simplement un corps, une substance. Limiter sa définition à une formule chimique est rien moins que réducteur et la limiter à l’énumération de ses caractères ou propriétés est confondre définir et décrire. Au singulier essentiel – l’eau – s’oppose le pluriel existentiel – les eaux – aux multiples manières d’être et fonctions ; ce que traduit aussi la distinction sémantique entre l’indéfini « l’eau » et les définis « une eau, des «eaux ».
Comme le pressentaient les penseurs antiques qui en faisaient l’un des quatre éléments primordiaux, l’objet fondamental des sciences hydrologiques est avant tout une composante de la nature, assez importante pour constituer à elle seule une des « sphères » distinguées par l’analyse de la Terre, l’hydrosphère, à la fois agent et milieu, et le plus souvent mise au pluriel (cf. l’ouvrage du Bureau des longitudes (1984) « La terre, les eaux, l’atmosphère ») du fait de la variété de sa répartition et de ses formes d’existence et de circulation.
C’est parce que l’eau est le plus répandue à l’état liquide que le mot désigne à la fois le corps dans cet état, alors que sous d’autres états elle prend d’autres noms, et le corps indépendamment de ses états. Mais cette ambivalence sémantique comme ses changements d’état ne contredisent pas son unité. L’existence de l’eau sous les trois états dans les conditions naturelles est sans doute une caractéristique dominante de la planète Terre.


Typologie :

L’eau joue des rôles si variés et majeurs dans la nature comme dans la société qu’elle fait l’objet de classifications suivant différents critères, traduites par des qualifications multiples scientifiques ou familières, enracinées dans le langage courant.
En hydrologie il est classique de distinguer diverses variétés d’eau, formant souvent des qualités, dont plusieurs sont le sujet d’articles du présent dictionnaire, signalés par un lien, suivant :