Jaugeage


Etymologie et histoire

Dérivé de jauger et de jauge, d'un francique galga "perche, verge". Jauge, jauger, jaugeage sont attestés tous les trois dès le XIIIième siècle.


Définitions existantes


Définition proposée

Ensemble des opérations, des mesures et des calculs destinés à déterminer le débit d'un cours d'eau, d'un canal, d'une conduite, d'une source en un point donné. Sur un cours d'eau, ce point est appelé "station de jaugeage".


Commentaires

L'évaluation du débit, ou jaugeage, repose sur trois données: la vitesse moyenne d'écoulement, la hauteur d'eau dans la rivière,qui, avec le profil transversal du lit, délimite la section mouillée. Le débit est calculé en multipliant la section mouillée par la vitesse. Celle-ci est la donnée la plus difficile à connaitre car elle n'est pas la même sur toute la largeur et la profondeur du profil.

La technique hydrométrique traditionnelle consiste à plonger dans le cours d'eau, face au courant, un moulinet hélicoïdal, puis à relever les vitesses du courant en des points nombreux sur plusieurs verticales de la section mouillée, pour calculer la vitesse moyenne. Ce jaugeage classique ne peut être pratiqué que ponctuellement et, seulement, si les eaux en crue ne sont pas répandues, au delà des berges, dans un champ d'inondation. Quand de nombreux jaugeages ont été pratiqués, en un site au lit stable, on établit la courbe de tarage de cette station, courbe qui exprime la correspondance entre les débits et les hauteurs d'eau dans la rivière. Ainsi sera-t-il facile ensuite, à n'importe quel moment, de connaitre les valeurs du débit, grâce aux hauteurs d'eau relevées en permanence par un limnigraphe implanté sur le site.

La mesure précise et continue de la vitesse moyenne, introduite depuis peu en certaines stations, est un progrès considérable. Elle est obtenue soit par la méthode des ultra-sons traversant le cours d'eau, soit par la méthode électro-magnétique (petites rivières poissonneuses). Dans le cas de rivières très turbulentes au lit irrégulier, les jaugeages "chimiques" ou par titrage sont les méthodes les mieux adaptées. Grâce à un calculateur réglé sur le profil du cours d'eau et dans lequel sont introduites les valeurs de la hauteur d'eau et de la vitesse, le débit peut être connu à tout moment, en temps réel.

Quand les débits sont très faibles, toute l'eau peut être conduite vers un déversoir spécialement étalonné.

S'il est impossible d'appliquer l'une de ces méthodes, surtout en période de crues fortes et rapides, on peut leur substituer les formules de l'hydraulique, moyennement des observations précises sur la pente superficielle des eaux, la rugosité du lit, et le rayon hydraulique (quotient de la surface de la section mouillée par son périmètre).


M. Dachary, novembre 1997