Lit


Etymologie et Histoire

Du latin lectus (cf. aussi grec lekhos), dans le sens le plus courant. Mais ni en latin ni en grec le mot ne s’emploie en parlant d’un cours d’eau. Le latin dit alveus (Virgile), le grec Reithron (Homère). C’est Brunetto Latini qui dans son célèbre Trésor (vers 1265) parle du lit d’un fleuve, métaphore qui passera dans la langue (" le fleuve semble dormir, mais il lui arrive de sortir de son lit… ").


Définitions existantes


Définition proposée

Le lit est la partie en général la plus profonde de la vallée dans laquelle s’écoule gravitairement un courant d’eau. De manière classique, on distingue le lit mineur limité par des berges, du lit majeur occupé temporairement par les eaux débordantes.


Commentaires

Le lit mineur, dit aussi " apparent ", " ordinaire ", " permanent ", est occupé par des matériaux roulés par les eaux et peu masqués par la végétation et l’implantation humaine. Dans les plaines ou les fonds de larges vallées, peuvent apparaître, à l’intérieur du lit mineur, des microreliefs caractéristiques : chenaux, dépressions d’inégales profondeurs séparés par des seuils, bras secondaires abandonnés, îles, grèves. Le lit d’étiage ou chenal d’étiage est celui dans lequel se concentre l’écoulement pendant les périodes de basses eaux.

Le lit majeur ou champ d’inondation est l’espace que les eaux peuvent recouvrir et tapisser d’alluvions fines. Il est généralement occupé par une végétation plus ou moins hygrophile. La partie du lit majeur, la plus souvent inondée, est parfois appelée lit moyen ou champ d’inondations fréquentes. Le lit majeur d’extension maximum est dit lit majeur exceptionnel ou épisodique.

Dans les plaines et vallées alluviales, la distinction entre lit mineur et lit majeur est souvent délicate dans la mesure où les inondations du lit majeur ne proviennent pas uniquement du débordement du cours principal. Par exemple, la montée des eaux dans le cours d’eau principal peut produire un effet de barrage sur l’écoulement des tributaires qui, eux, débordent en inondant la plaine. De plus, quel que soit le style du lit fluvial, lit rectiligne, lit à méandres, lit tressé ou " en tresses ", lit anastomosé, quand apparaissent des chenaux multiples, des îles, des barres de sable et de graviers, le lit mineur n’étant pas entièrement occupé par l’eau, la limite des berges est floue et la configuration des chenaux et des îles est fort instable.

Pour les morphologues qui ne confondent pas les deux derniers styles de lits fluviaux, dans le lit tressé, les chenaux multiples enserrant des îles ont une faible sinuosité ; ils sont larges, instables, peu profonds caillouteux, caractérisés par un écoulement rapide, souvent spasmodique et une forte charge de fond. Le lit anastomosé a des chenaux principaux fortement sinueux, en pente faible, relativement profonds et larges, se séparant et se rejoignant à l’aval, et s’exhaussant lentement par l’effet de la charge en suspension.


M. Dacharry, Mai 1998