Pluie incidente, pluie nette, pluie utile, pluie efficace


Une grande confusion règne sur ces termes, qui, pour certains, peuvent avoir des sens foncièrement différents (quand ce n'est pas opposés), selon les disciplines comme selon les auteurs.


Rappel de définitions existantes


Définitions proposées

En hydrologie (Les acceptions en usage en agronomie ne seront pas considérées ici), on retiendra les termes suivants, avec ces définitions :

Commentaires

Le concept de "précipitation efficace" est appliqué surtout en modélisation des relations précipitations/écoulements, avec le sens d'un potentiel, d'une "fonction de production" calculée : La part des précipitations non reprise par évaporation pendant la durée de référence du bilan d'eau considéré (donc relative à cette durée : d'un "pas de temps" de calcul à une séquence pluriannuelle). Ce concept n'équivaut, en quantité, à un écoulement réel qu'en référence à un système sans autre apport que les précipitations et à une période assez longue pour que le solde des variations de stock soit nul ou négligeable ; il est alors complémentaire du "déficit d'écoulement" ayant les mêmes références spatio-temporelles.

A l'instar des précipitations totales mesurées, les hauteurs de précipitations efficaces (moyennes interannuelles) calculées, sur la base des données mesurées aux stations climatologiques, considérées comme une variable régionale continue, peuvent faire l'objet d'une cartographie (par lignes d'iso valeurs, - "isohyètes efficaces" - ou discrétisée par maille). Celle-ci représente en théorie la distribution des hauteurs d'écoulement potentiel local (en pratique pour des aires de référence élémentaire d'ordre kilométrique).

Comme le mot "pertes" les qualificatifs "utiles" et "efficaces"sont trop relatifs à des critères différents (la genèse de l'écoulement ou le profit de la végétation) pour recevoir une acception universelle dans la langue scientifique. En toute rigueur, ils devraient être exclus. Les usages étant ce qu'ils sont, assez ancrés, il est recommandé de préciser toujours à quoi se réfère l'utilité ou l'efficacité alléguée, lorsque le contexte ne le rend pas évident.

Les quantités d'eau d'origine pluviale auxquelles s'appliquent ces qualificatifs sont aussi très relatives aux durées considérées. Une partie de la "pluie utile" (à la réserve du sol, ou "réserve utile") se transforme en "pluie efficace" pour l'écoulement souterrain, suite à l'apport de la zone non saturée à une nappe souterraine ("infiltration efficace", de G Castany).


J. Margat & C. Cosandey, Novembre 2001