Vallée


Etymologie & Histoire Probablement rattaché à une racine indo-européenne wel " rouler " qui a donné, entre autres familles, celle du latin vallis d’où viennent val (XIème s.) ; aval (XIème s.) : soudure de à val ; valee (qui signifie aussi " descendre "), et vallée (XIème s.) ; de à vau l’eau (XVIème s.) de à val l’eau, avec l vocalisé.

Vallon (XVIème s.) : ital. vallone, augmentatif de valle.


Définitions existantes

Remarque : le Glossaire International d'Hydrologie ne définit pas ce mot.


Définition proposée

Forme topographique linéaire, résultant de l’incision du relief par un cours d’eau (ou de glace) et de l’approfondissement de son lit.


Commentaires

Le terme s’applique à des formes d’ampleur, de longueur et d’aspect les plus variées. Une vallée est caractérisée essentiellement par ses profils longitudinal et transversal

De l’amont vers l’aval, le profil longitudinal est concave, ce qui signifie une réduction progressive de la pente que suit le cours d’eau qui y circule généralement. Mais cette pente peut être irrégulière, interrompue par la traversée d’un lac ou par une brusque rupture dans le cas de cascade ou de rapides. Elle peut même disparaître dans le cas extrême des vallées aveugles, complètement fermées par une contre pente, par exemple, en relief karstique quand les eaux de la rivière pénètrent dans le sol ou encore en régions semi-arides sans réseau hydrographique organisé..

On appelle thalweg ou talweg (de l’allemand Tal " vallée " et Weg " chemin ") la ligne idéale joignant les points les plus bas d’une vallée et qui correspond grosso modo au profil d’équilibre du cours d’eau quand celui-ci existe. Une vallée qui n’est plus drainée par un cours d’eau est dite vallée morte. Quand l’écoulement y est épisodique et très irrégulier, elle est désignée comme vallée sèche. Fréquente dans les reliefs où s’est exercée l’érosion glaciaire, la vallée suspendue est une vallée affluente, au dessus de la vallée principale, de laquelle elle est séparée par un gradin de confluence.

Le profil transversal de la vallée est composé d’un fond, généralement occupé par le lit du cours d’eau et de versants plus ou moins continus, plus ou moins évasés, plus ou moins rapprochés, plus moins symétriques. A l’amont où le relief est élevé et la pente longitudinale forte, les versants sont, en général, abrupts et le fond est souvent rocheux et étroit, ce qui donne une forme de vallée en V dans les gorges et les ravins (voir fiche " cours d’eau "). De telles formes apparaissent aussi dans des roches compactes et tendres (loess, par exemple). Une caractéristique des vallées d’origine glaciaire est leur forme en U, avec de hauts versants presque verticaux et un large fond plus ou moins encombré d’alluvions glaciaires ou fluviatiles. Dans les régions de plateaux, les vallées sont toujours encaissées, avec des formes conditionnées tant par la structure que par la puissance des agents de l’érosion qui s’y sont successivement manifestés. Les vallées à méandres encaissés font alterner, au long des grandes boucles dessinées par le cours d’eau, les profils dissymétriques bien connus. Les larges auges alluviales se multiplient vers l’aval tandis que s’estompent les versants qui finissent par disparaître là où l’alluvionnement prévaut sur le transport des matériaux (plaines alluviales, deltas).

Parmi les micro-reliefs qui composent le paysage des vallées alluviales, les terrasses témoignent d’anciens fonds abandonnés par l’enfoncement des cours d’eau. Les plus récentes ne sont qu’à quelques mètres au dessus du chenal actuel et peuvent subir l’inondation des grandes crues ; les plus anciennes sont à des altitudes relatives plus élevées et subsistent seulement à l’état de lambeaux discontinus sur les marges du lit majeur. Elles résultent de modifications dans le système d’érosion et dans les rapports existant entre la charge et le débit des cours d’eau.

Sur certaines côtes, les valleuses sont des vallées secondaires suspendues, dont l’incision linéaire a été interrompue par un rapide recul de la falaise et qui n’ont pas eu la force de se raccorder au niveau marin à mesure que l’embouchure reculait. Les rias sont les parties terminales d’anciennes vallées fluviales envahies par la mer à la suite du relèvement du niveau des océans. Les fjords, anciennes vallées façonnées par les glaciers ont la même origine.


M. Dacharry, mars 2000